Jeunesse à la Fleur est le premier roman de Rym Khelil paru en 2025 aux éditions Barzakh.
Le récit autofictif – c’est-à-dire que l’auteur s’inspire de son vécu en y mêlant la fiction – se déroule à Alger, pendant la décennie noire et met en scène des adolescents se préparant au BAC.
Pourquoi ce titre ?
Rym Khelil s’est inspiré d’une photo datant de 1967, lorsqu’ à Washington, aux Etats Unis, s’est tenue une manifestation contre la guerre au Vietnam. Le cliché en question intitulé ” La Jeune Fille à la Fleur” montre une lycéenne brandissant une fleur face aux forces armées.
Le roman contient plusieurs aspects importants à relever. Nous allons y accéder par catégorie de fond et de forme.
Fond : en littérature, le fond fait référence au contenu d’un ouvrage. À la thématique abordée.
Comme mentionné ci-dessus, l’histoire prend place durant les années 1990. Il est vrai que la littérature algérienne regorge d’ouvrages narrant cette période de l’histoire sombre du pays. Citons à titre d’exemple les auteurs Yasmina Khadra, Maissa Bey ou encore Tahar Djaout.
Cependant, Rym Khelil innove en soufflant un air de fraîcheur concernant cette thématique. En effet, le roman contient des protagonistes jeunes, de fait, insouciants. Sur ce point, il ne faut pas supposer qu’ils ignorent la gravité de la situation du pays. Seulement, leur préoccupation concerne l’avenir. Ils représentent l’espoir. L’espoir d’une Algérie guerrie de son “cancer”.
À travers les différents personnages : Narimène, Majid, Amina le lecteur est plongé dans les coutumes de la société algérienne et algéroise en particulier. De la jeunesse huppée des quartiers chics de la capitale aux traditions perpétuées par les femmes, exerçant la pression du mariage sur l’une des protagonistes en l’occurrence. Nous nous retrouvons trente ans après confrontés aux mêmes problématiques, aux mêmes questionnements.
Par ailleurs, l’auteure accorde à la ville d’Alger une attention particulière. En lisant, nous découvrons que la capitale n’est pas seulement le lieu où se déroule la trame du récit. Elle occupe la place de personnage.
“Folle d’amour et de douleur, Alger déconfite. sanglotait. Elle pleurait le monstrueux drame familial qui la frappait.”
Forme : ce terme désigne le style utilisé par l’auteur, les figures de style employées. Rym Khelil écrit dans une langue fluide, simple. La lecture est linéaire, sans être pesante ou ennuyeuse.
Parmi les figures de style récurrentes, nous citerons la personnification de la ville d’Alger notamment, ainsi que des métaphores :
” (…) Le crépuscule enveloppait délicatement Alger, où des cordes à linge colorées valsaiant au rythme de la brise. (…) Cette mer qui avait déployé sur son immensité sa literie brillante où le soleil, fatigué viendrait s’allonger le soir venu “.
En définitive, ce roman promet une lecture agréable, un attachement aux personnages. Une re/découverte d’Alger.
Un livre à explorer , une jeune plume féminine à suivre, absolument.
