Note de lecture du roman Houaria d’ Inam Bioud

Houaria, roman de l’auteure algéro- syrienne Inam Bioud, est paru en 2025, dans la collection Khamsa, co-crée par les éditions Barzakh en Algérie et les éditions Philippe Rey en France.

Ce roman polyphonique met en avant plusieurs personnages. Leur point commun, la lettre “H” présente dans le prénom de chacun.e: Hadia, Hicham, Houari… .
Le récit prend place dans la ville d’Oran pendant les années 1990.

Les personnages féminins occupent la majeure partie du roman, sans étouffer les protagonistes masculins. Chacune symbolise la diversité, la complexité des femmes algériennes .
“ Moi, c’est Hadia, Hadiyat Allah comme m’appelle ma mère. (…) J’aime la vie et la vie ne m’aime pas. Peut-être que je suis née au mauvais endroit et à la mauvaise époque (…) après la mort de mon paternel lequel pour un gars qui détestait les filles, a eu la guigne d’en avoir cinq”.
“ Étrangement, elle se sent unie à cette jeune femme par la même peine et la même confusion “.

La langue :
L’ouvrage est paru initialement en langue arabe en 2023, aux éditions Mim. Suite à une polémique lancée sur les réseaux sociaux, le roman est tombé aux oubliettes. Cette traduction en français de Lotfi Nia a permis au récit de redorer son blason.
Toute traduction, traducteur.trice efface un aspect authentique de l’ouvrage et y incorpore un apport subjectif. Dans le cas de Houaria, Lotfi Nia est parvenu à retranscrire les émotions des héroïnes/ héros.
En parcourant l’œuvre, le lecteur/ trice rencontre des termes, expressions en derdja inscrits en italique : “ ya dellali” ; “ hetta ghbina ma doum” ; “ khmous”.

Oran :
La ville d’Oran, toile de fond du récit, est un personnage à part entière. Des quartiers comme Mdina Jdida, la rue d’Arzew, Ain El Tork ou encore l’hôpital psychiatrique de Sidi el Chahmi y sont cités. Pour les lecteurs familiers de la ville, lire ces pages permet de se replonger au coeur de La Radieuse.
“ Elle était en route vers la Corniche. Plus précisément, Ain El Tork .”
“ Le ciel est bas et pèse sur Oran, qui entourée de nuages, a l’air capitonnée. Malgré tout, Oran résiste à la décripitude et à la fadeur en opposant sa simplicité. Une ville qui ne se lasse pas d’inventer des expressions crées dans l’allégresse de l’instant.”

En définitive , ce roman est un condensé de divers points:
D’une part, la remémoration d’une période historique tragique. D’autre part, une déclaration d’amour à la ville d’Oran, à ses femmes mais également aux langues.

Ghozlène Benabi

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